Dans un pays où les pluies sont irrégulières et les sécheresses fréquentes, l’eau souterraine est précieuse. La trouver est une affaire de géologie d’abord, de mesures ensuite, et de forage seulement après les deux. Ce guide explique la logique suivie par les hydrogéologues et la place des appareils de mesure.
Où se trouve l’eau souterraine
L’eau souterraine n’est pas une rivière coulant dans des tunnels vides, sauf dans les grottes calcaires. Elle remplit surtout les pores et les fissures des roches et des sédiments, qu’on appelle aquifères.
- Aquifères poreux : sables, graviers, grès. Les oueds et les plaines alluviales retiennent souvent l’eau dans leurs graviers.
- Aquifères fissurés : le granite, le schiste et le quartzite ne contiennent de l’eau que dans leurs fissures. L’eau se trouve là où sont les fractures : localiser les failles est essentiel.
- Aquifères karstiques : le calcaire dissous par l’eau forme des conduits et des grottes, fréquents dans le Moyen Atlas. Les débits peuvent être importants mais très localisés.
La nappe phréatique est la surface supérieure de la zone saturée. Sa profondeur varie selon la saison, les années de pluie et les pompages alentour.

Les indices de surface
Avant tout appareil, lisez le paysage :
- La végétation : une ligne d’arbres verts, de palmiers ou de roseaux en terrain sec suit souvent une eau proche de la surface ou une faille.
- Les sources et les anciens puits : la meilleure preuve qu’un aquifère existe à proximité. Demandez aux voisins la profondeur et le débit de leurs puits, et s’ils varient selon la saison.
- Le relief : vallées, pieds de pente et rives extérieures des méandres d’oueds collectent l’eau et les sédiments.
- La géologie : changements de roche, failles visibles et zones fracturées sont les lieux où l’eau circule dans les roches dures.
- Les ouvrages traditionnels : khettaras, anciennes citernes et puits indiquent où l’on trouve de l’eau depuis des générations.
Les méthodes de mesure
La résistivité électrique
L’eau chargée de sels dissous conduit l’électricité : les couches humides ont en général une résistivité plus faible que les couches sèches. Une mesure de résistivité injecte un courant dans le sol par deux électrodes et mesure la tension entre deux autres. En écartant les électrodes, la mesure va plus profond. Cette technique, le sondage électrique vertical, donne un profil de résistivité en fonction de la profondeur.
Attention : l’argile a aussi une faible résistivité, mais elle retient l’eau sans la restituer. L’interprétation doit associer résistivité et géologie.
Les méthodes électromagnétiques
Les appareils électromagnétiques induisent des courants dans le sol et mesurent sa conductivité sans électrodes. Ils sont rapides pour cartographier de grandes surfaces et repérer les zones conductrices comme les failles remplies d’eau.
Les appareils de recherche d’eau
Les appareils portables de recherche d’eau vendus pour la prospection servent à signaler rapidement des points prometteurs. Considérez leurs résultats comme un premier tri : confirmez-les avec la géologie du site, la profondeur des puits voisins et, pour tout investissement important, une étude de résistivité par un professionnel.

Profondeur, débit et qualité
Trouver de l’eau ne suffit pas. Avant de forer, essayez de répondre à trois questions :
- À quelle profondeur ? Elle fixe le coût du forage et la pompe nécessaire.
- Quel débit ? Un granite fissuré peut donner quelques centaines de litres par heure ; un aquifère de graviers beaucoup plus.
- Quelle qualité ? La salinité et les nitrates varient. Faites analyser l’eau avant de la boire ou d’irriguer.
Ce que dit la loi
Au Maroc, l’eau fait partie du domaine public et relève de la loi n° 36-15 relative à l’eau. Creuser un puits ou réaliser un forage nécessite en général une autorisation ou une déclaration auprès de l’agence du bassin hydraulique compétente, qui réglemente aussi les volumes prélevés. Les règles varient selon les bassins et certaines nappes surexploitées sont protégées. Renseignez-vous auprès de l’agence ou des autorités locales avant de forer.
Un ordre de travail raisonnable
- Étudier la géologie et le paysage ; visiter les puits voisins.
- Faire un premier tri avec les appareils dont vous disposez.
- Confirmer les meilleurs points par une mesure de résistivité ou électromagnétique.
- Obtenir l’autorisation.
- Forer, tester le débit et analyser l’eau.
En résumé
L’eau souterraine suit la géologie. Lisez le paysage, mesurez, recoupez, puis forez avec l’autorisation requise. Nos appareils de recherche d’eau et de profondeur aident à l’étape du tri ; contactez-nous pour parler de votre site.


